Sep 13

Pierre Desproges

Category: Ecrivains

Pierre DesprogesHommage à Pierre Desproges. Le seul comique français qui me faisait (fait) vraiment rire. Un rire profond et salutaire.

Pourtant j’essaye les nouveaux comiques: Les Jamel 2 bouses (je sais facile), les Gad, les Bigard, les Erik et Ramsi, etc.
Au plus ils me font sourire. Ou bien rire, mais un rire pas vraiment franc. Juste un petit rire.

Ils essayent un peu d’être subversifs pour un peu nous réveiller. Mais ça ne va jamais vraiment loin. Ca reste du tout petit subversif admis par tout le monde (ce qui n’est plus subversif par définition).

Et surtout c’est franchement mal écrit. Et pour pallier ce manque de talent d’écriture, on les voit commencer à gesticuler dans tous les sens, pour nous faire oublier le manque de profondeur de leurs spectacles.

Non pas que un comique doit être un haut philosophe, mais un minimum est utile.

Effectivement, Desproges est aussi tombé dans le comique facile. Mais il pouvait se le permettre. Il avait la stature pour pouvoir,de temps en temps, faire quelques sketchs faibles. Et il le savait en plus le bougre!!

Autre chose qui m’horripile avec les nouveaux pas-comiques, c’est leurs engagements.
Houlà. Ils se sentent ‘le devoir’ du à leur statut de personnage publique, de commencer et de tenter d’exprimer une opinion sur les disfonctionnements sociétaux. De nous infliger leur fausse humanité calculée. Et si demain, on apprenait que, par exemple, tuer son prochaine est moral et cool, qui vont être les premiers à revendiquer cela et à fustiger ceux qui sont contres ??

Pauvres petits hommes.
(Cela marche aussi pour les autres branches du spectacle, je dois le préciser).

C’est en cela ou Desproges force mon respect. Il ne sait jamais rabaisser à tomber dans ce que voulais le public ou l’opinion. Il ne sait jamais fourvoyer. Il est resté intègre avec lui-même et son entourage.

De temps en temps, il dépassait l’ultime limite admise par la majorité des gens, mais tel un vieil arbre il restait sur ses positions.

Je ne peux m’empêcher de publier ce texte sur le football, très utilise lorsqu’on nous abruti à longueur de journée avec ce sport :

A mort le foot!
Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j’entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu’ils existent, subissent à longueur d’antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur le gazon l’honneur minuscule d’être champions de la balle au pied. Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s’abaisser à jouer au football. Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l’esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints. Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester sa libido en s’enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grand coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d’usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois ?

Je vous hais, footballeurs. Vous ne m’avez fait vibrer qu’une fois : le jour où j’ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J’eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu’à la fin du tournoi. Mais Dieu n’a pas voulu. Ca ne m’a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu’on fasse et où qu’on se planque, on ne peut y échapper.

Quand j’étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l’école ou dans la rue. On me disait : «Ah, la fille !» ou bien : «Tiens, il est malade», tellement l’idée d’anormalité est solidement solidaire de la non-footabilité. Je vous emmerde. Je n’ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celles des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades.

Pfff … il y a une semaine mon garçon m’a demandé si il pouvait faire du foot.

Pouf.Pouf.

1 Comment so far

  1. Ambra December 3rd, 2007 11:13 am

    Non pas QUE un bloggeur doit être un pro de l’orthographe, mais un minimum est utile…
    La palme:”Il ne sait jamais rabaisser à tomber dans ce que voulais le public ou l’opinion”

Leave a comment